La restauration d’un Vendeuvre
BM500 en Allemagne

Tout d’abord je présente je m’appelle Etienne Gentil et suis né le 26 Mai 1949 à Sissonne dans l’Aisne, je fais partie de l’AMICALE VENDEUVRE depuis sa création en Avril 2002. J’ai fait mon apprentissage dans la machine agricole, ce choix m’a été mis dans le berceau puisque mon père était employé chez un concessionnaire de tracteurs et machines agricoles les Ets Bernard à Saint Erme dans l’Aisne. Les Ets BERNARD ont été concessionnaires Vendeuvre de 1953, le premier tracteur un BB a été vendu à la ferme de La Bove, jusqu’à 1 trret des activités d’Allis Chalmers Vendeuvre en 1964. Ce concessionnaire en a vendu près de 400, la plupart des clients Vendeuvre étaient des petits exploitants agricoles ou des herbagers comme en Thiérache dans le Nord du département. Ces tracteurs robustes étaient, à part quelques exceptions, difficiles à vendre dans les grandes exploitations betteravières de l’Aisne, d’une part les DD et GG étaient affectés de problèmes thermiques du moteur refroidi par eau, ce qui s’est amélioré par la suite avec les moteurs refroidis par air et d’autre part du fait que ces exploitations préféraient les Someca ou Massey Ferguson déjà équipés à l’époque d’un relevage hydraulique.

Etant tout jeune j ‘ai appris à conduire ces tracteurs et me suis familiarisé avec leur technique, pendant les vacances scolaires j ‘aidais les mécaniciens â réparer ces tracteurs (Nettoyage des pièces, rodage des soupapes etc.) et avais ainsi l’occasion de les conduire.

En 1963 je débute mon apprentissage dans un Collège d’enseignement technique à la Ferté Milon dans l’Aisne, ensuite suivront trois années au Lycée technique du machinisme agricole de Saint Hilaire du Harcouet en Normandie.

Dès la fin de mes études en 1969 j ‘entre chez New Holland â Dijon au Service des essais de prototypes. Ayant fait mon service militaire en 1969/1970 à Karlsruhe en Allemagne et ayant fait la connaissance de mon épouse je m’y installe en 1972. En 1975 j ‘entre an centre de formation de L ‘1H à Heidelberg et depuis cette époque je n’ai plus quitté cette compagnie qui au fil des fusions fait actuellement partie du groupe CNH (Case New Holland) fondé en 1999. Ma passion pour les vieux tracteurs se réveille en 1984 en visitant une reconstitution avec des tracteurs anciens, les Lanz et Ailgaier sont en majorité. Mon fils âgé de douze ans â l’époque est fasciné par ces vielles mécaniques que je suis obligé d’acquérir un tracteur. L’occasion d’acheter un Lanz D2016 se présente et l’affaire est faite au printemps 1984. La restauration du Lanz D2016 débute tout de suite est sera terminée au mois d’Aout, à l’époque c’était la marque qui dominait dans les rencontres ou fêtes rurales. Un 1H DLD2 s’ajoute au Lanz en 1989, il sera également restauré. Il faut dire que mon problème majeur à cette époque était la place et le remisage pendant l’hiver, habitant pratiquement en ville et trouver une remise pour ses tracteurs n’est pas une tache facile. En 1993 un Club rural se fonde et un Musée se constitue dans les bâtiments de la ferme de Maxau au bord du Rhin, l’affaire s’arrange et le remisage des tracteurs également. Entre temps le Club Tracto Rétro du Rhin se fonde à Kriegsheim près de Haguenau en Alsace où je deviens membre et en rendant visite au Président du Club Raymond Lemoine j ‘aperçois Un BM500 dans son garage. A la vue du Vendeuvre, toute ma jeunesse me repasse devant les yeux comme un film et en rentrant à la maison je n’ai aucune autre pensée que d’acquérir ce Vendeuvre dont Raymond Lemoine veut s’en débarrasser.

Nous sommes d’accord sur le prix et un moteur stationnaire Z2P est donné en sus. Le BM 500 est rapatrié en Allemagne et sera mis à l’abri, son moteur n’est pas en bon état puis qu’il démarre sur un cylindre, restera quelques années sans bouger. En 1999 étant propriétaire d’un BM500 depuis 1996, je décide de le remettre en état et de le restaurer. Le coup de pouce est donné par le président de notre Club (Dr. Martin Ehinger) qui est professeur d’université cherche un objet pour un projet commun avec ses étudiants, il s’agit d’un travail en groupe où les taches sont réparties (Achat de pièces, appel d’offres... etc.).

Nous sommes d ‘accord sur toutes les modalités et la restauration débute avec le moteur dont la réfection de la pompe d’injection Lavalette-Bosch sera réalisée chez un agent Bosch, toutes les informations nécessaires au réglages seront fournies par Daniel Rambach dont j ‘avais fait entre temps la connaissance par I’ intermédiaire de Christian Anxe.

Le moteur est remis en état (démontage des culasses et rodage des soupapes) et tourne parfaitement avec la pompe d’injection complètement rénovée, heureusement que j ‘avais un deuxième moteur. C’est un plaisir d’entendre ce deux cylindres à régime lent et cela me rappelle ma jeunesse et mon village natal où les Vendeuvre passaient devant la maison de mes parents pour aller cultiver les terres du village, arrêtons de rêver la restauration n’est pas encore terminée. Le disque d’embrayage sera également changé, le reste de la partie mécanique étant en bon état ne sera pas touché. Le tracteur sera complètement déshabillé et toutes les pièces de tôlerie seront sablées chez un carrossier qui fera également les travaux de peinture. Ensuite l’installation électrique sera refaite complètement et toutes les pièces de tôlerie seront remontées.

Le BM500 sera équipé de pneus neufs et pour les pneus arrières il a été possible de trouver des pneus avec profil ancien, ces pneus provenant de Tchécoslovaquie sont très bon marché. Dès le retour â la ferme les photos sont faites mais mon épouse est très déçue de la couleur Orange Vendeuvre Et ceci pour la raison suivante En Allemagne tous les véhicules des services de ramassage d’ordures sont peints en Orange.

A I ‘occasion de notre fête annuelle des moissons le BM500 sera attelé à une charrue H-1 bisoc traînée, ce qui ne représente pas une trop lourde charge pour ce tracteur de 28 CV. Deux garages sont loués pour remiser le BM500 et deux autres tracteurs L’avantage d’avoir restauré un Vendeuvre est que dans certaines rencontres on est pratiquement un Original, personne ne connaît ce tracteur et bon nombre de spectateurs pensent que le moteur est un Deutz. Alors il faut expliquer Mais ça c’est une longue histoire.

Etienne Gentil

 

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